28 février 2008

La liste de Richter

Un listage des familles, rien de tel pour aborder cette fin de février. Ou pas. On s'en fout à vrai dire. C'est chiant les micro-phrases. Ouep.

  • Mardi soir y avait rien à la télé alors on a eu droit à un tremblement de terre, vers 1h du mat. La semaine dernière parait que y avait une éclipse de lune. Le mec qu'est à l'organisation a du être overbooké pour préparer tout ça.
  • Vendredi soir concert d'Editors à l'Arena, wooohooo, j'attends ça depuis des mois.
  • Ce weekend y a la Convention de printemps du parti travailliste en ville, tout est fliqué de chez fliqué, doit y avoir une bonne partie du gouvernement qui déboule au moins. Va pas falloir trainer dans le quartier, ça devient vraiment mal famé.
  • Il semblerait que le gros de l'hiver soit passé (et je parle pas du père noël). Ca commence à sentir le printemps. Oui et sinon madame Michaud s'est cassée le fémur.
  • Toujours aucune idée de ce que je ferai dans 5 mois. Ca commence à me faire réfléchir un peu. Oh rien que 2, 3 pintes ne peuvent faire oublier, ça va.
  • La saison 2 de Skins est un peu décevante bien que toujours plus originale et arty que la moyenne des soaps.

27 février 2008

There Will Be Blood

Le très attendu dernier film de Paul Thomas Anderson n'a pas déçu mes attentes. Auréolés de 2 oscars dimanche dernier à L.A (pas des moindres: meilleur acteur, meilleure photo) l'adaptation du roman "Oil" d'Upton Sinclair est un vrai portrait d'un de ces entrepreneur-pétroliers de fin de XIXè-début de XXè siècle.
Daniel Plainview (D. Day-Lewis) est à la fois dur travailleur, borné mais aussi doué pour les affaires qu'il est dénué de scrupules. Il incarne parfaitement cette image du rêve américain, celui qui, dès lors qu'il se salit les mains à la tâche, ne peut que réussir. Sans dévoiler trop de l'intrigue (le film sort aujourd'hui en France): Plainview achète des concessions aux fermiers et propriétaires terriens pour exploiter les gisements de pétroles et faire d'énormes profits, il joue pour cela de son image et n'hésite pas aux boniments et promesses diverses. Rien de très inhabituel dans cette période de ruée vers l'or noir où beaucoup ignoraient encore l'ampleur des profits potentiels. Le film est un magnifique exemple de ce que l'avidité et la compétition économique dans une période de révolution industrielle peuvent créer comme sentiments. Car bien qu'essentiellement basé sur l'histoire de Plainview et de son goût démesuré pour le succès, le film montre également que la crédulité et la peur de ce monde qui change pousse vers des pratiques religieuses plus drastiques. C'est un choc de culture: ces paysans bigots poussés vers l'ouest par les précédents développements contre les bâtisseurs de derrick et autres requins attirés par le pétrole.
Mais le film évite tout manichéisme, il ne s'agit pas ici de vanter les mérites de la vie simple des cowboys de l'ouest. On ne peut s'empêcher de reconnaitre la féroce intelligence de Plainview qui ne s'embarasse pas de sentiments mais qui montre également ses failles. Et le film évite l'écueil classique qui consiste à gonfler d'une morale de fin toute "success-story". Pas de repentir ni de "vengeance divine".
Porté par un Daniel Day-Lewis comme à son habitude méconnaissable, possédé par son personnage, le film bénéficie également de la composition surprenante de Jonny Greenwood à la B.O. La réalisation touche parfois des notes kubrickiennes, très classique mais bourrés d'effets et de jeu d'ombres et lumières.Un film qui avant tout nous interroge sur ce qu'on est prêt à sacrifier pour réussir, sur les raisons qui poussent à la course aux profits et cette notion de "selfmade man". Des notions pas totalement disparues dans une Amérique où pétroliers et religieux ont toujours de beaux restes.

13 février 2008

B.S.P at Later... with Jools Holland




"Waving Flags" 2008, Later... with Jools Holland, BBC2.

07 février 2008

Spit in the face of these badlands

Petite réflexion suite à quelques entretiens d'embauche. Rien de bien sexy hein, des jobs quoi. La question traditionelle ici, c'est de savoir où je me verrai dans 5 ans. Difficile de répondre "je sais même pas où je serai dans 5 mois". Bref il faut se mordre bien fort la langue pour répondre avec toute l'hypocrisie possible:

  • -"euh, je sais pas trop, disons que mon CV ne réflète à priori pas une grande stabilité, mais c'est surtout que je cherche une opportunité de me fixer, et que si on me laisse l'occasion je n'hésiterai pas à me projeter dans un avenir professionel solide et pourquoi pas dans votre boite, là hein ça a l'air sympa. Jolie cafetière d'ailleurs!"

Bollocks quoi, comme dirait Sandra. Non mais sérieusement, le candidat idéal il doit répondre:

  • "Je me vois très bien avoir gravi quelques échelons dans l'entreprise, avoir des responsabilités tout en continuant à nourrir des ambitions pour l'entreprise comme pour moi. Dans 5 ans je me fais le serment solennel (main sur le coeur) d'avoir prouvé ma valeur, prouvé que la confiance qu'on m'aura faite en m'engageant n'était pas une erreur".

Bla, bla,bla. Grand sourire de connard, je pisse le plus loin, tout ça. Gloire à celui qui veut s'encroûter donc, celui qui sort qu'il n'a pas envie de passer 5 ans dans le même trou se voit mal parti déjà. Welcome to the real world petit scarabé.
Bien sur qu'un recruteur intelligent va s'éviter d'avoir à recruter trop, donc parier sur le bon cheval, pas celui qui va vous claquer la course de sa vie dans la 5è à Longchamp avant de se péter une rotule à la prochaine course. Cette article est sponsorisé par Paris-Turf. Du coup le bon cheval sera celui qui reste fidèle, qui éventuellement est marié avec des gosses et des emprunts, plus facilement prévisible. Il va pas se barrer comme ça pour courrir la première gueuse venue.
Ok, chacun son interet coco, toi c'est de me garder (mais pour ça faudrait peut être que ce que tu me proposes tienne la route aussi). Moi c'est de gagner de la thune, si possible sans y laisser un rein. Les considérations de bohémiens n'ont pas leur place dans le négoce. Oui mais moi j'ai envie de voir d'autres trucs, j'ai pas envie de passer ma vie dans ta boite pourrie quoi. Tuttut, on s'en branle de ça mon pote. Tu signes en bas là avec ton nom en capitale. Ok c'est gagné t'as décroché un taf, t'es un winner toi dis donc. Maintenant reste bien au chaud, évite de te prendre la tête, tu sais comment c'est dehors, t'en viens, oublies un peu les rèves, t'as déjà réussi, c'est pas si dur hein? Intéresse-toi à l'immobilier, aux SICAV, pense PEL, taux d'intêret, ça t'occupera ducon. Regarde aussi ce que les gens pensent de toi désormais, tout change, t'es peut être toujours le même numéro, mais les gens s'en foutent, ce qu'ils voient c'est que t'as une bagnole, un taf, une baraque un nouveau putain de barbecue, c'est cool. Tu croyais vraiment que c'était ta personnalité qu'allait faire la différence? Ahahah, elle est bien bonne celle là. On est ce qu'on fait, pas l'inverse, l'oublie pas mec.